CAP VERT, ile de Santiago, décembre 2015, que du vécu

Donc, sur la pression persistante de certains assidus de ce blog, je poursuis le récit de mes aventures, même si, ici, elles ne sont pas très marines mais plutôt randonneuses. Il s’agit, après le retour d’un convoyage jusqu’aux Iles Marquises, de vingt jours au Cap Vert avec ma compagne Anne pour y faire de la randonnée. En route vers de nouveaux horizons.
Les articles et photos, magnifiques, vont être édités très bientôt.

Jour 6 Mise à jour du 03/02/2016 Sao Jorge dos Orgaos et jardin botanique
Jour 5 Mise à jour du 11/01/2016 Ribeira de Barca, Aguas Belas
Jour 3-4 Mise à jour du 08/01/2016 La Plage – Los Picos

Paris
Passage le lundi matin à l’ambassade du Cap Vert à Paris pour faire en urgence deux Visa Express. Mais, après avoir fait la longue queue, on nous dit que le lundi est réservé aux rendez-vous. Je repasse donc le mardi (dépôt à 9 heure du dossier avec photos, passeports et 90 Euro par personne, et récupération du visa le jour même après 15 heure). Vols Paris-Lisbonne puis Lisbonne-Praia.

Ile de Santiago, Praia
Premier jour
Arrivée à l’aéroport de Praia, sur l’ile Santiago, vers minuit local, Anne crevant de chaud avec ses vêtements d’hiver, et moi comme d’habitude en teeshirt bien adapté au 25°C ambiant de la nuit. Le bureau de change de l’aéroport est encore ouvert à cette heure et je ne change que 150 Euro. Erreur ! la suite vous dira pourquoi. Taxi, hôtel, dormir, réveil. Et nous débarquons le matin en ville, Petit Futé à la main et une carte sommaire demandée dans un hôtel à la recherche du «Ministério de Tourisme» qu’on nous situe dans le quartier des ambassades «Santo Antonio».
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Un taxi nous y dépose, près d’un hôtel, et nous dit que c’est dans le coin. On cherche en vain, on se renseigne encore sur place, toujours en vain. On finit par comprendre qu’il n’y a pas d’office de tourisme à Praia, mais que des agences de tourisme ou plutôt de voyage. Dans une de ces agences nous demandons une carte routière de l’ile, après une longue recherche dans les placards et les tiroirs, l’employée de l’agence nous dit qu’il n’y en a pas. Retour à pied et «promenade» touristique dans le quartier du «Plato» où nous avons l’impression d’être les seuls touristes et déjeunons d’un excellent poisson grillé.
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En cherchant une voiture de location, le réceptionniste de l’hôtel, ayant questionné toutes ses ressources, nous dit qu’il n’y a plus de voiture disponible à Praia sauf quelques 4×4. En résumé, une première longue journée de marche en ville, de questionnement sur les habitudes locales et pas beaucoup de réponses.

Deuxième jour
Après une heure et demi d’attente devant une agence de voyage qui indiquait clairement qu’elle était ouverte à partir de 9 heure, le chinois du magasin voisin nous dit que peut-être la personne ne viendra pas car çà lui arrive parfois de ne pas venir. Bon! On retourne à pied à Santo Antonio à l’agence de voyage de la veille, et prenons des billets d’avion pour aller à Fogo dans quelques jours. L’employée nous indique aussi où prendre un aluguer Hiace pour Cidade Velha, la vielle ville voisine au bord de la mer. On trouve l’endroit indiqué où des CapVerdiens attendaient déjà. Le Hiace arrive, on s’y engouffre  à 16 personnes en tassant bien et nous arrivons à Cidade Velha.
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S’ensuit une longue marche sans carte dans une riberia où se fabrique le « grogue », alcool de canne à sucre aux effets dangereux sur ceux qui en abusent. Rencontre avec deux énormes Baobabs (ils sont bien marqués en gros vert sur la carte, mais nous ne l’avions pas encore ce jour là):
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Nous sommes tout petit sur ces photos.

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Après un bon pique-nique, au milieu de la riberia, loin du col, sans carte, et avec des histoires d’agressions de touristes, nous faisons demi-tour et retournons vers Cidade Velha pour ne pas louper le dernier Hiace.

Retour en Hiace à Praia, puis à l’hôtel où le portier nous accompagne à pied au restaurant voisin car les rues ne sont pas sûr ce soir samedi et durant les fêtes! Ignorant les us et coutumes locales, nous acceptons cet accompagnement sans discuter.

Troisième jour, Dimanche la Plage.
La nuit a été bruyante, avec de la musique dehors jusqu’à deux heure du matin passant en voiture et sur la plage. La réception de l’hôtel nous dit qu’un loueur, Edi de EdiCar, a une voiture qui sort de réparation et qui sera disponible lundi. Evidement nous acceptons. Pas trop de vent, visite du phare à la Ponta Temerosa, avec explications historiques du gardien de ce lieu touristique. Intéressant, belle vue et vétusté de l’installation électrique de secours en cas de panne secteur. Annonçant notre intention d’aller se baigner à la plage de Quebra Canela, le gardien nous recommande prudence et vigilance, à savoir l’un se baigne pendant que l’autre reste près des affaires sur le sable. L’eau est chaude, soleil, le sable est très chaud, un peu de monde et un bon déjeuner local au bar de la plage.

4ème jour, Lundi voiture et randonnée à Los Picos
Enfin la voiture. Avec juste une carte touristique sommaire et un pique-nique nous partons vers Assomada pour randonner vers le Picos. Arrivé sur place nous nous renseignons mieux car rien ne coïncide avec les indications du Petit Futé et tout le monde nous dit qu’on est bien à Los Picos. Nous comprenons finalement que des Picos il y en a partout sur l’ile et que Picos est le nom de la grande commune. Nous retournons au milieu du village puis vers l’église pour retrouver enfin nos repères. Grande descente à pied sur un petit sentier étroit vers la vallée traversant les Ribera, les cultures en étages, les ruisseaux pour l’irrigation et le hameau de Babosa. Tout est vert, même les haricots sur les pieds de maïs. Pique-nique en plein air avec une magnifique vue sur les montagnes.

5ème jour, Mardi de Porto de Ribera de Barca jusqu’à Aguas Belas
– Commentaires préalables sur la carte des routes et des randonnées.
Les guides touristiques disent qu’il n’y a pas besoin de carte routière à Santiago car les routes de l’ile ne sont pas trop compliquées. Ce n’est pas vrai du tout durant ces premiers jours de notre séjour ici. Il n’y a pas d’office de tourisme et on n’a pas trouvé de carte routière détaillée dans les hôtels, agences de tourismes, librairie ou papeterie de Praia. Mais, miracle, sur le « Plato » au coin Nord-Est de la Place Alexandre de Albuquerque, il y a une guérite Information qui vend des cartes routières et randonnées.
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Nous y avons acheté les cartes au 1/50 000 ème de Santiago et de Fogo+Brava.
Cartes éditées par Attila Bertalan – BonnerStr. 60 – 76185 Karlsruhe Germany.
Disponible à http://www.ab-kartenverlag.de et aussi à http://bela-vista.net
Elles comportent des tracés de randonnées numérotées avec les indications de durée, difficulté, dénivelé, etc… en marge de la carte. Elles nous ont été très utile pour randonner en solo sans guide local. Le balisage sur le terrain est quasi inexistant, les tracés sur la carte en rouge gras représentent des sentiers de 30 cm de large parfois juste distinguable dans la végétation. Les tracés en rouge mince ou en tiret relève d’une expérience aigue de pisteur indien, mais le bon sens d’une sente et notre expérience de randonneur nous a toujours permis de retomber sur la bonne direction avant 18 heure, heure où le soleil plonge à l’horizon ou a déjà plongé derrière les crêtes, une heure avant la nuit noire (On est à la latitude 14° nord). Tous les chemins et sentiers ont leur utilité, ancienne ou récente, à ne pas confondre avec les traces des vaches ou des chèvres qui mènent souvent nulle part. Certains chemins zigzaguent de maison en maison aux détours des reliefs et des cultures, et, même « perdu » on trouve toujours un capverdien pour vous indiquer la bonne direction si vous savez bien lui expliquer votre destination.

Donc, mardi matin, équipé de notre carte, nous partons vers Porto de Ribeira de Barca. Une bonne heure et demi de conduite, je roule prudemment, sur quelques km de 4 voies, des km de 2 voies, macadam et travaux en cours, et plein de km en route pavée. En arrivant à Ribera de Barca, nous sommes abordé par un « agent touristique local » qui, avec insistance, veut nous emmener en bateau à Aguas Belas. Au vu de notre refus et de nos chaussures de randonnées, il se propose juste comme gardien de voiture.

Nous partons donc vers le Sud pour la rando n°405 sur un chemin caillouteux et traversons l’ « oasis » de Joao Gago. On trouve difficilement le départ du chemin rouge de la rando 405 qui monte sur le plateau. Paysages magnifiques.
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Arrivée à Achada Leite où un jeune garçon nous aide très efficacement, au milieu des maisons, à traverser le village. Rejoint par tous ses copains, il nous emmène à la sortie jusqu’au départ de la rando 404. Remontée sur le plateau, comment dire brousse, savane, steppe, ….
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Au passage d’un ruisseau asséché nous perdons la piste et suivons alors le bord de la falaise, au milieu des herbes sur les chemins de chèvres.

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Aguas Belas

Enfin voici Agua Belas à nos pieds 100 mètres plus bas, nous ne trouvons pas de passage évident pour descendre jusqu’à l’eau, il est tard, nous pique-niquons rapidement sur le plateau, le soleil plonge vite vers la mer.
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En rentrant, route au nord, nous retrouvons la piste de la rando 404 jusqu’à Achada Leite que nous laissons à notre droite espérant retrouver un chemin vers Joao Gago. Après une sente dans les hautes herbes, nous arrivons au bord du plateau sur un chemin semi carrossable. Un bruit de moteur insolite, un Pick-up arrive dans la poussière, il s’arrête et nous monte derrière où 10 CapVerdiens sont déjà entassés. Tout le monde se serre un peu, on sourit, on ne comprend pas un mot. Le Pick-up déboule la pente poussiéreuse. Les freins tiennent le coup. On arrive à Ribeira de Barca un peu avant six heure. « Amigo » me dit le chauffeur, en refusant un billet d’escudos. Notre « agent gardien de voiture » nous retrouve, on négocie un prix raisonable de « gardien de voiture » au bar de la plage avec une bière. On rentre dans la nuit à Praia, content d’avoir fait du stop en pick-up.
6ème jour Mercredi Sao Jorge dos Orgaos et jardin botanique
En route pour le jardin botanique, un peu décrié, et une randonnée autour.
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Arrivée à Sao Jorge dos Orgaos, nous nous garons au centre de formation agricole un peu après l’église et continuons à gauche à pied sur la rando 206a. Arrivée accompagné d’un jeune enfant jusqu’à l’entrée du jardin botanique dont il nous ouvre la porte juste en la poussant et sans se laisser impressionner par le gros cadenas supposé la fermer. Le jardin est planté d’arbres et de plantes la pluparts inconnus, nos connaissances en botaniques sont limitées.

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Il est effectivement assez petit et nous parvenons sur une terrasse en haut équipée de bancs et de tables en pierre servant apparemment de salle de cours, très bien pour pique-niquer en ce début d’après midi (oui, nous ne sommes pas très matinaux même les jours de randonnées).

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Puis début de l’ascension sur la 206a dans une petite vallée très encaissée et très verdoyantes avec de jolies terrasses cultivées. Le chemin circule au milieu de ces terrasses et des capverdiens nous remettent plusieurs fois sur le bon chemin. A mi-hauteur environ nous traversons un hameau à flanc de vallée avec des habitations éparses. On remercie pour les indications sur le chemin. Un peu plus haut nous rencontrons notre première balise, rouge et jaune, probablement de l’époque des baliseurs français vers 1970 (?? je ne saurai garantir cette information).

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Puis nous rejoignons la rando 206 à un puit. Fin de la montée, le chemin continue à droite à flanc de montagne au milieu d’une végétation dense et verte, et parfois très dense à n’en plus voir ses chaussures, nous sommes en short et ici on regrette les guêtres ou le pantalon. Très souvent les agaves bordent le chemin quand la pente est forte, ils servent à stabiliser le sol très efficacement.

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Arrivée à un replat où des pierres font un cercle autour d’un arbre au bord d’un à-pic impressionnant. Nous hésitons sur le chemin et descendons sur la droite dans une pente assez forte, nous avons bien l’impression de nous égarer quand nous entendons des voix qui montent. Deux randonneurs, comme nous, bonjour! Français! Belge! On échange quelques propos sur nos chemins et nos cartes, ils continuent à monter, nous reprenons en hésitant la descente. Puis de loin les deux belges nous appellent, nous croyons qu’ils nous demandent le chemin. Arrivés à eux, ils nous expliquent que nous sommes sur le mauvais chemin car ils avaient déjà fait la 206 la veille. Merci etaAu revoir, chacun reprend son chemin. Nous savons pas alors que nous les reverrions, Erik et Madeleine, plusieurs fois au Cap Vert. Chemin facile à flanc de montagne, la Gazelia, avec de magnifiques vues sur la montagne d’en face.

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Puis jonction avec la 205 et, à droite, retour tranquille en descendant par une petite route vers Sao Jorge dos Orgaos.

Plusieurs commentaires sur “CAP VERT, ile de Santiago, décembre 2015, que du vécu

  1. Ah, la devinette, quelle différence entre l’aluguer hiace et l’aluguer hilux ? 🙂

    • Un indice sur la devinette du jour.
      Si vous trouvez le point commun entre un aluguer hiace et un aluguer hilux, vous trouverez la différence. hi, hi!

  2. Bonjour Louis,
    Je profite de votre blog pour vous adresser nos meilleurs voeux pour 2016 et beaucoup de voyage !!!!
    J’ai adoré vos récits et photos publiés ici. Continuez, faites-nous rêver.
    Amitiés de Maryse et Christian

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