151207 Traversée des Galápagos aux Iles Marquises

La traversée s’est bien passée, j’arrive tout juste de Polynésie et vais, dans les jours qui viennent, mettre sur le blog les 3 derniers articles de ce voyage inoubliable:
– 151207 Traversée des Galápagos aux Iles Marquises
– 151208 Fatu Hiva et Freddy
– 151209 Hiva Oa et Jacques Brel

Le parcours réalisé de la Martinique aux Marquises (relevé par Claude)

Z Périple Global

Voici le récit de la traversée des Galápagos Santa Cruz vers les Iles Marquises Hiva Oa qui va durer environ trois semaines de la latitude S 0° longitude W90°vers la latitude S 9° longitude W139° très approximativement. Départ prévu le 18 novembre 2015, arrivée des trois bateaux ensemble au plus vite.
Je ne connais pas encore, quand j’écris ces premières lignes, les aventures qui vont suivre « au fil de l’eau ».


J-1 Donc départ prévu le 18, mais…, mais…., il reste encore quelques problèmes techniques à régler sur Poeme et Poe Reva. En attendant Poe Miti piaffe d’impatience. L’attente du départ se prolonge. 17 heure, Benjamin le Grand monte à bord pour nous transmettre les consignes de route sur cette traversée, elles sont claires même si tout le monde ne semble pas les partager. La question qui revient souvent est : comment gérer les écarts de vitesse entre nous, et plus précisément : est-ce que le premier doit attendre le dernier, ou faut-il aider le dernier à aller plus vite ? Les avis et les caractères bien trempés de nous cinq n’aboutissent à aucune réponse commune. Le départ est repoussé au lendemain.

J00 Jeudi 19 matin, on essaye l’envoi du code zéro, nom d’une voile d’avant entre génois et spi, pour les allures grands largues que l’on touchera quand le vent d’Est sera dominant. Bonne préparation qui montre les petits détails à bien régler pour envoyer le code zéro. Toujours mouillé à Santa Cruz, je retourne en ville pour des derniers emails et rentre à bord vers midi.
Enfin départ vers 14 heures derrière Poeme et Poe Reva, au moteur vers le sud puis à la voile au près vers le Sud-Ouest. Les quarts de nuit reprennent leur rythme. On laisse la petite ile de Tortuga à tribord.

J01 Vendredi 20 Novembre. Vent de Sud-Est maintenant on peut filer au cap final au 254° sans trop serrer le près. Des baleines à bosse (!) de 3 à 4 mètres viennent sauter par deux autour de nous, puis disparaissent subitement, pas eu le temps de prendre une photo. Plus tard dans l’après-midi une barque de pécheur s’approche de nous quémandant des cigarettes, on leur donne un cake gâteau, les deux pécheurs nous remercient et disparaissent au milieu de l’océan, à plus de 100 miles des cotes des Galápagos.

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Dans la nuit, au premier quart de Marc, on accroche un filet et une boule de flottaison, cela ralenti le bateau d’un bon nœud, et Poeme nous dépasse tranquillement. Durant mon quart, ce filet se décroche lors d’une abatée de 30° pour éviter un bateau de pêche, la vitesse de 6 nœuds et plus reprend normalement. Poe Reva a aussi accroché un filet sur ses deux safrans durant la nuit.

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J02 Samedi 21. Après la pèche d’un petit thon hier, ce matin on pèche sur la nouvelle ligne de Jean-Luc, en nylon de 3 mm de diamètre et 286 kg de résistance en traction, une belle bonite. Poisson frais à tous les repas maintenant. Patrick a loupé deux grosses touches car l’hameçon de sa ligne est simple et légèrement ouvert semble-t-il. Poeme n’est pas très loin de nous, mais Poe Reva prend du retard de 20miles d’abord, suite à l’accrochage d’un filet flottant, puis 25 miles maintenant. Le temps passe comme il peut, Il y a peu de manœuvre sur les voiles, on va rester bâbord amure pendant 3000 miles environ. Prendre un ris si le vent monte trop, enrouler un peu le génois pour ralentir, ouvrir ou refermer les voiles légèrement, sans plus. Je fais un petit tableau Excel pour estimer la date d’arrivée, il enregistre régulièrement la distance restante à parcourir et la distance de retard du dernier Poe sur nous Poe Miti. Pour l’instant pas de résultat précis et fiable, mais si la vitesse moyenne se tient, c’est jouable. En dessous de 6,5 nœuds moyen c’est compromis pour une arrivée le 9 décembre. Au-delà c’est possible. Attendons d’avancer suffisamment. Nous avons convenu que je ne parle pas de mon urgence qui n’est pas le souci des autres, aussi je n’en dit plus mot. Poe Reva annonce la pêche d’un thazard de 1,46 mètre. Il faut deux bras pour le lever pour la photo. Le soir arrive, Poe Reva est abordé par un AIS à 80 nœuds de vitesse, il s’avère que c’est un avion ou hélicoptère basé sur un autre bateau AIS pas très loin, l’ovni fait quelques tour au-dessus de Reva et échange quelques mots en VHF. 18h15 le soleil disparaît à l’horizon, Claude essaye de nous montrer le fameux rayon vert, mais personne ne le voit, on se demande si ce n’est pas un vieux mythe genre monstre du Lochness, un mirage de l’optique solaire ou un tour de la persistance rétinienne.

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Les quarts passent avec la nuit éclairée d’une belle lune de travers.

J03 Dimanche 22
La nuit s’est bien passée, Jean-Luc a un peu la migraine. L’écart avec Poe Reva s’est creusé à 30 miles dans la nuit. On décide, Poeme et Poe Miti, de réduire la vitesse pour que Poe Reva nous rattrape. Au déjeuner, parlant de la belle pèche d’hier de Poe Reva, Marc nous dit que le Thazard se bat beaucoup pour le remonter et fait une belle danse à l’arrivée. Regards questionneur de nous quatre ! Réponse, hé oui, c’est la danse du bal Thazard. Claude nous présente sa dernière formule : tous les bateaux ont une vitesse critique maximum en nœuds égale à 2,4 fois la racine carrée de sa longueur en pied. Jean-Luc pêche encore un thon. Séparation des oignons et du gingembre dans des bols séparés dans les assaisonnements des repas, très bonne initiative des cuisiniers. Grosse salade très « gingembrée » de Claude. Journée lessive, et beaucoup dormi ce dimanche entre deux vaisselles.
Grand coup de frein de Poe Miti (trois ris et génois à moitié enrouler) pour laisser Poe Reva nous rejoindre, nuit calme, et Poe Reva nous dépasse le matin de 3 miles.

J04 lundi 23 novembre 2015
On remet la GV sans ris et le génois sans enroulement. On reprend sur Poe Reva que l’on rattrape en mi-journée.
Benjamin de Reva demande à Claude nos réglages de voile. Claude lui explique ce que l’on a fait comme point de tire, barber, et ouverture des voiles. Le vent adonne depuis quelques jours et passe du 150° initial à 100° voir 90°. On affale le génois et hisse le code zéro. Une petite heure pour trouver le bon réglage et on recolle Poe Reva. Dans un grain avec 22-24 nœuds en pointe on fait 11 et 12 nœuds aussi en pointe sur des descentes de vague, ou de petite houle en formation plutôt. Lecture, mots croisés, sieste, toujours entre deux vaisselles, le temps passe. On est content d’avoir le bon cap et le bon vent pour bien tirer sur le code zéro qui nous emmène à 7-8 nœuds au 250° environ pour un vent de 16-18 nœuds d’Est environ. Je regarde les poissons volants qui décollent par plusieurs dizaines devant nos étraves. Belle adaptation de la nature que le poisson volant ! je vais essayer de les prendre en photo. Nuit claire pour le quart de veille, vitesse vers 7 nœuds comme dans la journée, Rien à signaler.

J05 Mardi 24 Novembre
Journée normale, beaucoup dormi. Ciel sombre nuageux, le vent adonne et monte vers 22-24 nœuds sous les grains ou les nuages sombres, comme d’habitude. 14 heure pour enregistrer le point quotidien. Mauvaise nouvelle, l’écran tactile de mon PC s’est fendillé. Sans doute un mauvais appui de ma part sur le boitier lors d’une des nombreuses embardées du bateau sur la houle et les vagues.

J06 Mercredi 25 Novembre
Mon PC remarche à peu près malgré son écran « balafré », Ouf ! retard de nos montres d’une heure au passage du W105° méridien / Longitude. On arrive à 2000 Miles de Hiva Oa, déjà un tiers du parcours de fait. Vent SE soutenu depuis quelques jours, je suis un peu plus confiant de pouvoir partir le 09 décembre… Mais attendons d’être arrivé.
Poissons volants par plusieurs dizaines ici et oiseaux qui marchent sur l’eau.

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Photo Patrick

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Photo Patrick

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Photo Patrick

J07 Jeudi 26 Novembre
Les Poe vont très vite dans cette alizée soutenue à 100° 110° d’Est 18-20 nœuds. Marc joue son ciré de quart si on dépasse 200 miles en 24 heures. Pari relevé. On ne pèche rien, on casse des gros hameçons sur des grosses touches, à 8 nœuds on va trop vite pour pécher. On ne voit plus de gros oiseaux le jour ou la nuit dans les feux de route rouge et vert. Seules les « hirondelles », comme je les appelle, tournent encore autour de nous puis disparaissent au loin. J’en ai vu une posée sur l’eau et qui a décollé et pris son vol avec des creux de près de trois mètres maintenant qu’une belle houle se met en place. On fait des vitesses de pointe de 13 nœuds dans les descentes de vagues. Les journées restent les mêmes avec repos, lectures, ciel bleu et soleil, repas, lessives, douches, nettoyages pour passer le temps. Les nuits sont belles et claires. La vitesse moyenne depuis notre départ de Santa Cruz arrive à 7 nœuds et continue de monter. On est bientôt arriver au milieu de la traversée. Mes chances de quitter Hiva Oa le 9 décembre augmentent. Y a bon.

J08 à J10 Vendredi 27 à Dimanche 29 Novembre
Les jours se suivent et se ressemblent. Le vent tourne lentement à gauche jusqu’à plein Est ou légèrement ENE un peu oscillant et en faiblissant vers 10-12 nœuds de moyenne. La houle qui était montée jusqu’à plus de trois mètres de creux se calme vers 2 mètres de creux. Le ciel est souvent bleu et on cherche toujours le rayon vert aux couchers de soleil toujours magnifiques. La température d’eau (de mer) est montée de 26-27 °C la semaine dernière à 29°C maintenant. Et la pèche est toujours aussi bredouillante même dans les ralentissements à 5-6 nœuds de vitesse surface. Les produits frais s’épuisent, sauf la tonne d’oignon que l’on a à tous les repas et que je ne peux plus sentir, au sens propre et au sens figuré. On ouvre des boites de conserve maintenant. Et Dimanche champagne et foie gras apporté par Jean-Luc pour fêter un mois de navigation. Quelques rares manœuvres nous divertissent, telle que mettre en ciseau le génois et le code zéro au vent quasi arrière quand le vent est trop à gauche au-dessus de l’Est, ou telle que mettre un barber ou modifier un point de tire quand une écoute rague un peu sur une filière.

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Photo Marc

Partie de cache-cache avec Poe Reva la nuit où les positions relatives changent rapidement. Poeme à l’air de se tenir assez loin derrière à une quinzaine de milles. Le grand jeu est de calculer la distance quotidienne parcourue en 24 heures. Le record est à 202 Mn en « trip » (tout le chemin même zigzaguant), et 196 en « target » (en rapprochement direct de la cible Hiva Oa). J’ai trouvé sur la console de navigation le compteur quotidien de zéro heure à minuit (où il se remet à zéro), et comme mon quart va de 10 heure à minuit, j’ai l’information en direct et en photo.

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J11 Lundi 30 Novembre
Premières discussions sur ma contrainte de départ qui s’oppose à l’idée de Claude d’aller à Fatu Hiva et sa plage des Vierges paradisiaques avant d’aller à Hiva Oa. La pression commence à monter. Grand Benjamin entend la demande mais ne se prononcera que dans deux trois jours. A suivre. Sinon journée nominale comme les autres avec des baisses de vent momentanées et une tendance à tourner à l’Est. Poe Reva annonce la pèche d’un Thazard de 1,48 m, bravo ! Puis quelques temps après, il annonce la pèche d’un Marlin de 1,71m, grand bravo ! Vais-je récupérer quelques photos de Jean-Pierre brandissant fièrement ses impressionnantes captures ? Poe Reva se met alors en panne pour attendre Poeme et y transborder quelques kilogrammes de poisson frais. Et notre avance sur les Poe passe à 17 miles maintenant.
J12 Mardi 1er Décembre
Ça y est ce matin on est à moins de mille miles de Hiva Oa (964 précisément). Si le vent se maintient on arrive dans six jours au matin. L’escale à Fatu Hiva semble alors possible vers le 7 décembre, puis 40 miles pour Hiva Oa le 8 matin, clearance à la gendarmerie ensuite, visite du musée Gauguin et Brel en fin de journée et le 9 au matin je quitte le bord pour rejoindre l’aéroport. Mais il y a encore 6 jours de navigation et des annonces de vent mollissant avec le téléphone Iridium de Jean-Luc. Attendons que le principe de réalité agisse en temps voulu….

J13 Mercredi 2 Décembre
Reste, ce matin, 796 miles à faire. Mais le vent baisse à 10 nœuds et moins et tourne à gauche carrément Sud-Est. Midi et quart, affalage des voiles, mise en panne et baignade pour Marc et Patrick par 4000 m de fond.

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Aujourd’hui grosse baisse de la moyenne de vitesse, risque pour l’atterrissage.

J14 Jeudi 3 Décembre
Aujourd’hui au matin, installation du point d’amure du code zéro sur la pointe avant bâbord, cela donne 20° de mieux pour descendre vent arrière. Cette nuit durant mon quart, j’ai vu trois belles étoiles filantes, et donc j’ai fait trois vœux.

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On passe le temps avec de la lecture, des jeux, charades, devinettes, jeux de bouchons ou de chiffres, entre nous à bord du Poe Miti ou entre bateaux avec Reva. Très intellectuel parfois, sauf les contrepèteries qui sont, hélas, toujours un petit peu … disons très orientées sur la vie des animaux du genre bipèdes humanoïdes, pour rester « soft ». On a perdu le contact VHF avec les Poe. Aussi décide-t-on de descendre plus vers le Sud au 220° espérant se rapprocher d’eux. Au bout de quelques heures on reprend contact VHF et refaisons route au 250° vers Fatu Hiva. Tiens ! Pourtant personne n’a ordonné ce changement de destination ! La vitesse baisse encore avec le vent, on reste à la voile avec 5,5 nœuds de vitesse moyenne, ce qui retarde l’arrivée d’un jour si cette situation persiste, adieu Fatu Hiva.

J15 Vendredi 4 Décembre.
Encore des étoiles filantes et d’autres vœux dans une belle nuit noire durant mon quart d’hier soir, cela remplace les oiseaux que l’on ne voit plus depuis longtemps de jour comme de nuit. Le vent est toujours faible d’Est. Ciel bleu, soleil chaud, mer à 30°C dès le matin, à 500 Miles de l’arrivée. Remise de l’amure du code zéro au centre et croisement avec le génois, GV affalée, pour descendre au mieux du vent arrière vers l’Ouest. Le vent est annoncé par Didier, notre « météorologue routeur » amical de grand Benjamin, via l’Iridium de Jean-Luc, comme faiblissant et finissant au moteur pour l’arrivée aux Marquises. Le cap est remis sur Hiva Oa, et Fatu Hiva semble oublié maintenant. Et pour détendre l’atmosphère encore plus, Jean-Luc pèche un super Thazard tout rayé de 1,26m, et donc c’est poisson frais pour plusieurs jours. Déjeuner sympathique avec toujours plein d’histoire de navigation parmi tous les autres sujets habituels avec de la politique un peu, philosophie un peu plus, et toute la poésie des chansons de Jacques Brel.

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J16 Samedi 5 Décembre
0 heure. Je passe la veille de quart à Jean-Luc avec une superbe bascule à droite de 50° en quelques instants et un vent montant de 12 à 16 nœuds. Heureusement que le pilote était en mode vent et pas en mode cap, le pilote a bien suivi la bascule sans problème. Je vais dormir maintenant. Réveil et petit déjeuner avec les célèbres Pancake de Claude tout chaud du matin, toujours un régal. Le vent mollit, 5 nœuds de moyenne, arrivée Hiva Oa dans trois bons jours, plutôt le matin donc du mardi 8 décembre. Ça passe pour moi si le vent ne faiblit pas plus. Déjeuner poisson cru excellent et les restes des légumes, et petit carrée de chocolat pour le dessert. Le vent mollit encore un peu l’après-midi, en dessous de 5 nœuds, on est génois et code zéro croisé sans GV. On se demande à partir de quelle vitesse on va mettre les moteurs en routes. Oh le petit cachotier, il ne nous avait pas dit que c’était son anniversaire le 5 décembre ! Heureusement que Poe Riva a habilement fuité l’information juste à temps pour pouvoir lui préparer apéritif champagne à l’avant sur le trampoline, et diner avec gâteau de riz et bougies fabriquées sur place (Recette du gâteau de riz : celle bien connue, Recette de la bougie fabriquée sur place : confidentielle, mais voir la photo).
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Et un coup de téléphone Iridium avec Madame en cadeau. Tout ému notre Claude ! Bref un super diner qui se termine bien tard, à tel point que le quart de veille de Marc est quasiment terminé et que je commence le mien, après la fameuse vaisselle, à 9h30 heure sans dormir avant. Quart très calme, le vent baisse encore un peu, on file vent arrière à 4 nœuds à peine. Fini les belles glissades sur une houle à peu près formée à 4-5 Beaufort. Fini les vents de 20-24 nœuds et les vagues qui cognent leurs boum-boum sur les coques. La limite que l’on s’est fixée pour passer au moteur est de 4 nœuds et en dessous pendant plus d’un quart d’heure.

J17 Dimanche 6 Décembre
On termine la nuit à la voile, et, à 6 heure et quart, après le dernier quart de Patrick, avec Marc, le génois et le code zéro en ciseau sont affalés et Poe Reva fait route direct au moteur plein Ouest au 270°T à 6-7 nœuds. Il reste 270 Miles à faire pour arriver Hiva Oa. Arrivée possible lundi 7 au soir tard, ou mardi 8 au matin tôt. Journée chaude, petit vent d’Est en dessous de 10 nœuds, grand soleil, on sue à l’ombre même sans bouger dans le peu de vent arrière qui reste. Déjeuner animé au poisson toujours. On évoque la possibilité d’un détour par Fatu Hiva le mardi 8 qui garantirait aussi une arrivée pour me « débarquer » mercredi 9 décembre tôt le matin à Fatu Hiva. Cette possibilité me convient, adoptée à l’unanimité, et tout le monde du Poe Miti est content. On oblique au Sud. On commence à ranger et nettoyer Poe Miti pour le faire tout beau pour l’arrivée, Jean-Luc et moi enlevons tous les autocollants de protection, Patrick nettoie à l’eau douce tous les hublots et panneaux solaires, Marc et Claude s’affairent aussi dans leur coin. Diner toujours sympathique omelette champignon et gâteau de riz maison. Et tout le monde calcule la vitesse optimum d’arrivée sur Fatu Hiva. Arriver demain lundi soir oblige à naviguer trop vite, donc quelle vitesse acceptable faut-il faire pour arriver mardi matin au lever du soleil au mouillage ? Chacun a sa méthode et, même si les résultats ne sont pas tous identiques, on convient de naviguer à 4,5 – 5 nœuds durant la nuit et de réajuster lundi les calculs si besoin. C’est surprenant de voir toute ces conversations avec plein d’explications et de justificatifs pour juste diviser une distance par une durée. Et, cerise sur le gâteau, on ne connaît pas précisément le décalage horaire sur les Iles Marquises avec l’heure UTC, et donc pas exactement l’heure du lever du soleil mardi matin. Mouiller à la sonde de fond, à la lampe torche et les yeux sur la carte électronique ne tente personne. Je finis la vaisselle et, 21 heure 30, j’accompagne Marc pour la fin de son quart de veille et ses derniers calculs de vitesse. La nuit est toujours belle malgré quelques nuages.

J18 Lundi 7 Décembre
Nuit calme, au moteur. Il reste 100 Miles à faire pour Fatu Hiva. Marc a opté pour la chambre « trampoline » à l’avant, loin du moteur et près des étoiles. Le matin, réveil tranquille, les derniers moutons ont disparus, 2 Beaufort d’Est maximum, le soleil est déjà pesant, l’eau est à 31°C, un grand oiseau blanc passe près de nous et, n’y trouvant rien de comestible, s’éloigne vers le large en planant. Je commence, enfin, à rassembler mes affaires et préparer mes sacs. On n’a plus de contact VHF avec les Poe que nous avions prévenu hier de nos intentions touristiques. On transmet toutefois nos coordonnées au cas où ils nous reçoivent tout de même, même s’il n’y a pas de liaison retour.

J19 Mardi 8 Décembre arrivée à Fatu Hiva
Arrivée le matin au soleil levant à Fatu Hiva après une nuit calme à petite vitesse.
La suite dans l’article spécial Fatu Hiva et Freddy

Article mis en ligne le 16/12/2015.

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