151116 Première traversée et arrivée Galápagos Santa Cruz

NEWS LAST
Bonjour chers lecteurs et lectrices fidèles ou nouveaux.
Je reprends ce blog dans des conditions assez difficiles, les transmissions internet depuis les Galápagos sont assez erratiques. J’envoies les données brutes avant traitement et avant photos. Les photos sont difficiles à transmettre. Aussi soyez tolérants et compréhensifs si tout ne passe pas bien.
On me remercie pour les photos des copains mais il n’y en a pas de moi, aussi je vais commencer par moi, et ce n’est pas du narcissisme bien sur.

Donc en route de Panama, la première traversée Pacifique jusqu’au iguanes et tortues du Galápagos, si j’arrive à tout envoyer. Bonne lecture, et n’oubliez pas de faire des commentaires.
Je suis très attristés et Charlie par les nouvelles parisiennes. Restons calme même si la colère monte.
De plus il y a quelques chances pour que je ne sois pas à Paris pour le 12 décembre au Salon Nautique, et je ne pourrai infirmer ou confirmer ma présence qu’à la dernière minute en arrivant sur les Marquises. Mais mon cœur et mes pensées y seront pour vous.

Autres news, certaines photos sont désactivées pour raison de confidentialité. Désolé pour les admirateurs et admiratrices.

151108 Dimanche
Réveil en pompe comme chaque jour. Le vent est passé au secteur Nord, on en profite pour descendre en route direct Galápagos au cap 236°. Que dire de cette journée qui déjà s’efface par la suivante ? cuisine succulente,  je fais la vaisselle, je suis souvent au poste de pilotage scrutant la mer, les deux autres Poe sont en visuel pendant que tout le monde sieste après le déjeuner, le temps passe doucement, les miles aussi. On s’arrête tous pour une baignade et Petit Benjamin vient à bord nous donner de la voile autocollante pour protéger les goussets de latte de GV au niveau des haubans.

 
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Moi d’abord, même si ce n’est pas très courtois.
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Au passage de l’équateur

 

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Lors du passage du canal de Panama

 

Atelier bandage stripping sur le pied de Marc hurlant de douleur, magistralement tenu par Jean-Luc.
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(NDLR la grimace est hurlante de douleur juste pour la photo)

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Il est maintenant 17h00 je vais dormir à mon tour. Quelques bruits me réveillent, je remonte pour la fin du diner, on n’a pas osé me réveiller pour le diner, je rempli mon assiette et me joint aux histoires de mer et de marin, puis vaisselle et essais de redormir. 22h Marc vient me réveiller, tout content, on a rattrapé les deux Poe qui sont à notre travers tribord, on est au près à 6-7 nœuds GV et génois bordés. Je prends mon quart. 23h le vent forcit et tourne à droite, je lofe un peu. Poe Reva nous tombe dessus à notre vent sans dévier. Je suis obligé d’abattre fortement pour l’éviter. On s’écarte. Les trois Poe sont alignés sur la même ligne au vent. Je vois par notre travers leurs deux feux rouges sur la même ligne. Le vent monte encore et la vitesse aussi. 20-22 nœuds de vent apparent, je descends voir Claude qui monte me rejoindre. Analyse de la situation. On décide de réduire la voilure et de prendre par prudence un ris pour la nuit. Action dans la nuit où on ne voit rien du tout. Jean-Luc vient nous rejoindre un peu avant sa prise de quart pour aider. Pendant ces manœuvres les deux autres Poe sont parti loin devant. Le vent redescend vers 16 nœuds apparent. Minuit je vais me coucher.

151109 Lundi
Réveil plus calme, vent toujours soutenu, les deux Poe à tribord loin en visuel et loin devant à peine visible, nuageux petite pluie. 6h30 Patrick est à la barre, les deux lignes de pèches mouillées. Le coup de vent de cette nuit a renversé le hamac à légume, les carottes sont par terre, les bananes écrasées engluent la table et les banquettes, nettoyage brosse et seau. Cap toujours sud-ouest vers 210-240° tribord amure, le vent est moins fort que cette nuit, on retire le ris. Petit déjeuner avec galettes Pancake de Claude toujours aussi bonnes. Le vent mollit encore, on met un moteur en route et enroulons le génois. 11h environ, cris de Patrick, une ligne tire très fort. Patrick remonte la ligne avec une superbe dorade coryphène ou « Mahi Mahi » de 118 cm.

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Excitation et photos, Jean-Luc saoule/tue la dorade avec un coup de rhum en cubitainer dans les ouïes et Claude commence à la dépecer en sortant les filets, la carcasse est jetée à la mer, nettoyage du pont. Déjà Claude prépare le déjeuner, menu poisson cru, très bon, j’aime. Vaisselle, et sieste. Toujours chaud, on est torse nu, avec juste un short. Chacun écrit son journal, écoute de la musique, lit un livre, regarde un film, le temps passe, chacun avec son caractère. Claude consulte avant de décider et cuisine succulent, Marc et Jean-Luc sont très actifs aux manœuvres des voiles et mettent de la musique même pour la vaisselle, Patrick est toujours souriant et cuisine succulent aussi. Et moi je prépare le blogue quand je peux entre deux vaisselles, deux veilles de pilotage ou deux siestes.

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Je suis un peu patraque aujourd’hui. Diner succulent poisson, et deuxième plat. Là, je cale et termine mon plat malgré tout, mais ça se remarque.

Quart de veille du 22 à 24h, nuit claire étoilée, rien à signaler.

151110 Mardi

Bien dormi, ça va mieux ce matin. Bonjour Pepito qui est venu s’assoir sur le siège de balcon pour se reposer et lisser ses plumes. Ensuite un bal de dauphins est organisé devant notre bord, furie des photographes qui, j’espère, me passeront quelques photos. Déjeuner steak de poisson avec riz et petits légumes : excellent. Ramses doit inspirer les scribes du bord car on me propose un sonnet en bon alexandrin et un texte sur l’apologie de la solitude en mer à insérer dans le blog au prochain contact. Je prends la barre après le déjeuner et étale les grains et petits coups de vent qui les accompagnent, à comprendre que je surveille la centrale de navigation et la paramètre à la demande. On navigue au prés et nous suivons le vent.

151111-12 Mercredi Jeudi
Mercredi matin. J’ai une petite migraine depuis deux jours, mais ce matin elle est plus forte, mal dormi, le vent est plus fort et ça cogne et ça tosse sur la coque où je dors à l’avant. Juste un peu de cornflakes au lait froid et je me recouche. Claude me donne un paracétamol 1mg, mais rien n’y fait, triste mercredi. Les Poe sont hors de vue avec une route parallèle une vingtaine de milles plus au Nord. Dans un virement de bord on emmêle les lignes de traines qui se prennent dans une hélice. On récupère ce que l’on peu des lignes, bas de ligne et leurres. Avec Claude je passe bien deux heures et plus à démêler les deux lignes et leurs redonner une apparence péchant. Je saute le déjeuner, grignote juste un biscuit et me recouche. Et boum, et boum fait la coque sur l’eau, et boum et boum pareil dans ma tête. Ce n’est pas le mal de mer, juste une belle migraine. Je reprends un paracétamol et un yaourt au diner. Vu mon état, Marc et Jean-Luc prennent en charge mon quart de veille de 22h à 24h. Je les en remercie sincèrement.

Jeudi matin. Ça va un peu mieux, mais guère. Encore une nuit boum-boum. Un troisième paracétamol, lait cornflake et tartines beurrées et confitures. Les Poe sont toujours hors de vue avec une route parallèle à 25 miles plus au Nord maintenant, en limite de portée VHF. Temps gris chargés pluvieux de 20 à 23 nœuds en vent apparent dans les bouffes et 16-18 nœuds nominal, et la mer est assez fortes avec creux de deux à trois mètres comme hier. Jean-Luc, notre expert pharmacie et biologie moléculaire du corps humain me donne un demi tout petit cachet dont j’ai oublié le nom, mais qui doit me requinquer et contient de la caféine. J’avale avec un peu d’eau.

Tout d’un coup une barque fonce sur nous, venant de nulle part, et s’approche de notre bord, c’est juste une petite barque avec un moteur et deux pécheurs noirs à bords, ils nous font des gestes et demande agua agua. On comprend qu’ils veulent de l’eau, on leur donne une bouteille de 5 litres, ils nous remercient et repartent, disparaissant comme ils étaient venus, vers nulle part. On est à 230 miles des cotes Colombienne et à 450 Miles des Galápagos. Ça c’est des vrais marins et des vrais pécheurs, si loin des côtes. On ne voit plus Pepito, mais des oiseaux nous accompagnent toujours, des grands genres mouettes et des petits au raz de l’eau plutôt proche des hirondelles, ils sont très loin de toutes les cotes. Au loin devant j’aperçois une petite tache noire persistante, en s’approchant c’est un fanion de ligne de pèche. Passer à gauche ou à droite ? On décide à gauche. Mauvaise pioche. En arrivant près du fanion on découvre une ligne verte flottante au raz de l’eau, trop tard. On ralentit, la ligne se prend dans le safran bâbord, nos lignes de traine s’emmêlent, on roule le génois, affale la GV, le bateau se calme. Arrêt des moteurs, Patrick se sécurise avec un boute et un pare-battage en traine et plonge pour dégager le safran.

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Tout s’accroche au pare-battage trainant, on coupe tout, et perdons toutes les lignes, adieu poisson. Nous remettons les voiles et repartons à l’Ouest.

151113 Vendredi

Belle journée enfin, plus calme la mer et vent soutenu, on fait une moyenne de 6 nœuds par jour, compté de 15h00 à 15h00. Journée lessive avec un peu de soleil. Les autres Poe sont 25 miles au nord, route parallèle bâbord amure comme nous, même cap, même vitesse. On nous demande d’abattre pour se rapprocher des deux autres Poe alors que nous sommes route direct vers les Galápagos. Unanimement nous décidons de poursuivre notre route directe, les autres Poe devant se rapprocher par convergence vers le même but. Ma migraine semble disparaître. Le ciel s’assombrit et le vent se renforce sur le soir mais pas assez pour prendre un ris. 22h00 mon quart arrive, nuit noire, je ne distingue pas le ciel de la mer, pas d’horizon.

Le catamaran fonce dans le noir à près de 8 nœuds parfois. Des oiseaux, des fous disent les experts, nous accompagnent volant à tire d’aile devant, éclairés par nos feux de route en vert ou en rouge, en s’appuyant sur les dévents de nos voiles.

 

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Impressionnants oiseaux infatigables volant dans la nuit noire suivant nos lumières, comme s’ils savaient exactement où nous allons. C’est l’heure où les monstres marins remontent du fond des abysses de plus de 4000 mètres pour engloutir les marins imprudents au milieu des océans. C’est l’heure où on est tout seul à la veille, responsable du bateau et des hommes endormis. C’est l’heure de toutes les pensées magiques qui nous viennent à l’esprit dans ce moment de solitude et de noir complet où seul les feux et le tableau de navigation sont visibles.

 

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Non je ne m’endors pas, bientôt minuit, je vais réveiller Jean-Luc pour son quart de veille et vais me coucher pour dormir malgré le boum-boum des vagues sur les coques qui tanguent fort à cette allure.

 

151114 Samedi traversée de l’équateur
Ciel dégagé bleu soleil, et 156 miles de plus à 6,5 nœuds de moyenne. Je vais mieux, Jean-Luc me donne l’autre moitié du cachet magique.

Grand bal des dauphins.

 

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Manger toujours trop bon, je trie ma nourriture, évitant ail, oignons, et autres poivrons que j’ai du mal à digérer. 17h30 bientôt l’équateur à 0°00’00’’ de latitude.

 

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Petite fête symbolique pour notre première traversée pour trois d’entre nous. Claude nous adoube au balais brosse. On arrose cela au champagne. On prévoit d’arriver aux Galápagos Santa Cruz demain matin vers 10 ou 11 heure.

 

151110 Sonnet pour Ramses, signé Jean-Luc

Heureux qui comme Ramses fait un beau voyage
Rêveur, allongé entre voiles et cordages
Coureur, créatif pour les caps et réglages
Bon mangeur, de l’entrée jusqu’après le fromage

Galápagos ultime étape vers Tahiti
A la manœuvre il presse les Poe Miti
Une sirène l’attend déjà au Cap Vert
Il a à refaire le chemin à l’envers

Et que Perséphone rejoigne Demeter
Redevenu amateur de voile légère
Il ira voguer au pays d’Erispoë

Pour l’heure tout entier à notre transhumance
Il se demande d’où vient le terme plaisance
Mais tient toute sa place au sein des Poe !

151110 Le Bateau. Ode pour Ramses signée Patrick

Les journées s’étirent lentement en nous réservant le privilège de prendre conscience du temps qui s’écoule et surtout de savourer l’instant présent.
Beauté des couleurs, passage du vert pour l’eau des escales au bleu profond du large.
Sentir le vent sur sa peau et la pluie déchainée dans les grains.
Avoir le privilège de rencontrer des oiseaux qui reprennent quelques forces sur le pont et le cadeau de croiser des dauphins.
Admirer l’écume dans le sillage en devinant l’allure ; admirer les couchers de soleil ainsi que l’apparition de l’aube.
Admirer le ciel rempli d’étoiles et vivre ces fabuleux moments d’éternité.
La magie de la mer comme celle du désert où il n’y a que le minimum et où jamais on ne s’ennuie.
Cadeau de la nature et de la vie qui nous rappelle qui nous sommes et quelle place nous occupons dans l’univers.

151115 Dimanche Arrivée à Galápagos Porto Ayoara de l’ile Santa Cruz

 

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Et la joie de tout l’équipage d’arriver à la voile dans ces lieux mythiques qui ont rempli de rêves nos enfances et nos lectures.

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Et je n’ai pas les photos des otaries et de l’iguane en arrivant au mouillage, ni de celle du pélican plongeant tout près de nous sur les foultitudes de poisson dans ces eaux pures de presque toutes souillures humaines.

 

Tiens, Titi ! un autre passager clandestin.

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Tiens, Tiens, on est échoué largement sur la terre….

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Drôle de carte marine

 

 

Arrivée vers 10h00 à Porto Ayoara sur l’ile Santa Cruz en route directe amure bâbord au près depuis quatre jours. Bravo la layline. En arrivant on mouille au milieu de six voiliers et des vedettes de touristes et hissons le Q jaune et le pavillon Equatorien.

 

Aspects administratifs

Il aurait fallu appeler la capitainerie de Porto Ayoara sur le canal 16. Ils nous ont appelé sans succès notre VHF n’ayant pas activé la double veille. Bref, deux représentants de la Capitainerie débarquent et nous expliquent la procédure d’entrée. Passeport, papiers et mensurations du bateau notés sur un cahier signé par le skipper et la capitainerie. Un agent, simple mais parlant très bien anglais, doit nous contacter pour nous donner plus de détails, et les détails sont assez « décoiffant »…. !

Tout d’abord, il y aura une inspection du bateau, tout l’intérieur et l’extérieure pour la propreté de la coque. Si pas bon, on doit immédiatement quitter les eaux des Galápagos.

Ensuite, les quelques taxes locales à régler après quoi on peut naviguer autour de certaines iles pendant vingt jours.

Taxe1 : Navy Autority : les tonneaux (ici 12pour Poe Miti) fois 13 US$ soit 156 US$ par bateau
Taxe2 : National Park : 100 $ par personne
Taxe3 : Immigration 20 $ par personne
Taxe4 : Douane arrivée 15$ + douane sortie 15$ = 30$ par voilier
Taxe5 : Inspection : 50$ par personne
Taxe6 : Contrôle du bateau (cf. plus haut) 100$ par bateau
Avec en plus les frais d’agent 200$ par bateau (It is not Christmas, dixit l’agent Ricardo).
A vos calculettes.

Evidement grosse discussion à table pendant le déjeuner.

Les Benjamin arrivent peu après sur leur Poe fougueux et partent à la capitainerie négocier tout cela, on n’ira pas dans les iles, on est juste ici pour ravitaillement d’urgence pendant 72 heures maximum. On prévoit de repartir mardi matin après le gaz et le diesel, plus les courses de produits frais.

J’abrège les négociations mais les autorités locales veulent nous faire payer la totale alors que l’on vient juste faire du gaz, du diesel et des produits frais. Et elles bloquent nos passeports. VERY BAD NEWS !

151116 Santa Cruz Parc Darwin.
Allez pour finir cette journée de blog en bonne humeur, quelques photos des espèces animales locales.

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Un commentaire sur “151116 Première traversée et arrivée Galápagos Santa Cruz

  1. « Ils regardaient monter du fond de l’océan des étoiles nouvelles »
    Bravo pour ce premier challenge encore que les autres avaient toujours une petite longueur d’avance avec pourtant pratiquement la même vitesse.
    (Ca c’est pour faire râler Jean Luc ,c’était pendant ses quarts non?)
    Profitez bien du plancher des vaches,et qu’eole soit avec vous !

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