Route 20 Concarneau on a évité le pire ou Ramses et la Baraka

 

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Philosophie et nostalgie matinale à 7h30 au petit déjeuner pour un départ vers 9h00,  direction Concarneau. La drague creuse toujours dans le chenal pour le maintenir navigable à flot. Cap vers le Sud, vent 10-15 noeuds d’Ouest forcissant en fin de journée. En route pour rodéo Rock’nRoll sur un mustang sauvage.

Sortie du port avec un voilier qui suis bien dans le chenal. Un petit point pour vérifier les Waypoints enregistrés hier soir, ça roule déjà au rythme de la houle entrecoupée d’un clapot serré. Je borde et part petit largue à 45 degré contre la houle. Assis sur le sac près du hauban ça cogne fort et haut sur la poutre avant,  position de replis assis vers la poutre arrière,  ça cogne toujours. Chaque vague, chaque houle est à négocier. Je rattrape le voilier qui sortait en même temps que moi,  et le dépasse rapidement. 15 Miles jusqu’à la pointe de Penmarc’h égale deux-trois heures de lessiveuse essorage grande vitesse. La houle se creuse, déjà deux bons mètres de creux. Comment je mesure la hauteur de creux? Je prend mes 1,80 m que je pose sur les 0,3 m de coque moins les 0,1 m de crâne au dessus de mes yeux. Je met tout ça debout près du hauban tribord que je tiens fermement main droite et barre main gauche.  Et là je regarde l’horizon.  Si une crête de la vague voisine dépasse l’horizon,  le creux dépasse deux mètres.  Et si ça dépasse beaucoup l’horizon,  le creux dépasse beaucoup les deux mètres.  Et il y en avait plein qui dépassaient beaucoup.  Impossible de prendre des photos,  trop d’eau dans tous les sens,  le pire c’est les plus grosses qui commencent à déferler et rentre dans le cou, le manchon de tête étant déchiré,  et descend le spinale le long du dos sous la polaire.  Allez marin, plus que une heure. Un rare bateau de pêche vient me voir. Je le salue tranquillement, rien à signaler. Rassuré il repart. Les cinq sacs jaunes,  dit étanche,  sont submergés à chaque vague. A l’approche de Penmarc’h j’aperçois des cailloux au loin au large. Coup d’oeil sur la tablette pour le détail, OK c’est très mal pavé. Je loffe pour aller vers Basse Gouac’h que j’aperçois,  presque face à la houle qui se creuse encore. Je ne pense qu’à la prochaine vague. Comment sera-t-elle ? Dans quel sens ? Les pires c’est quand il y en deux, voir trois, qui se suivent très rapprochées. Un second bateau de pêche vient me voir, second salut,  rien à signaler,  tout va bien. Le Dart se cabre,  retombe, se recabre encore et retombe encore plein de bouillon et d’écume partout. Et les étraves piquent et rentrent dans la deuxième et troisième vague, et ressortent à chaque fois.  Merci Monsieur Archiméde. Je passe enfin Basse Gouac’h, abat un peu et passe Men Hir,  j’abat encore un peu et passe la cardinale Ouest Cap Caval puis la Sud de Basse Spineg. Fin de l’enfer du rodéo Rock’nRoll,  bonjour le paradis. J’abat en grand. La houle me porte maintenant,  elle est devenue longue et lisse,  je ne vois plus de grosse vague. Sérénité et petit surf sur les descentes.  Je décrispe les doigts de la main gauche un par un, petit massage du coude, merci la tendinite. Plus que 20 Miles pour Concarneau vers l’Est. Toujours respect total des cardinales. Mais, quand la carte montre une Sud et une Est proche l’une de l’autre et que l’on va vers l’Est, où passe-t-on ? Heureusement quand on est sur la zone c’est plus clair, on passe entre les deux, d’abord l’Est qu’on laisse à droite, puis la Sud qu’on laisse à gauche. Et ça continue de surfer sur les descentes,  trois quatre cinq secondes pour les plus courtes, douze secondes pour la plus longue. Avec un départ au lof un peu trop chaud, heureusement les 150 kg de matos ont évité d’enfourner trop profond. Bon j’arrête de jouer avec les descentes de houle. Les îles de Glénan approchent sur la droite, avec les souvenirs des CataGlen et toujours un breton devant. Puis Beg Meil et arrivée à Concarneau.

Accroche toi, cher lecteur ou chère lectrice, j’en arrive de nouveau à l’enfer des solitaires: Ramses et la Baraka ! A l’approche de Concarneau, j’appelle Claire puis Stéphane. Stéphane viendra m’accueillir. Il m’informe que je ne peut pas rentrer au port à marée basse. Donc je vais à droite vers une plage où il m’attend en vélo pour prendre des photos. J’affalle la GV et garde le foc pour finir l’approche vent arrière encore fort.

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Un zodiac du club Nautique m’accompagne car la coque tribord est pleine d’eau.
Photo avec le foc, l’arrière de la coque tribord est sous l’eau.

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Photo sans le foc ni l’étai et la patte d’oie trainant dans l’eau ?

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Question: comment ne pas demater sans étais de foc?
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Je n’ose pas imaginer si j’avais été dans le Raz du Four ou du Sein à cet instant.  Merci Eole, merci Ra.

Révision complète du haubans, tiens! aussi les deux pattes d’oie…..

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Et le tracé du jour
abhieieg

FIN

Plusieurs commentaires sur “Route 20 Concarneau on a évité le pire ou Ramses et la Baraka

    • Début semaine prochaine pour Hoedic.
      Le jour restera à préciser en fonction des météos et de mon avancement.

  1. autant sur l etai je dirais que l’enrouleur a une part de responsabilité car selon le sens d enroulement cela peut forcer dans le sens qui dé-toronne le câble, autant sur la patte d’oie je suis surpris.

    • C’est vrai Olivier, mais « rodéo Rock’nRoll sur mustang sauvage use beaucoup haubanage » (vieux proverbe indien)

  2. J’ai bien l’impression que tu as eu le droit à la grande lessive aujourd’hui, du genre pré-lavage, lavage, rinçage et essorage.
    Sèche bien et repose toi bien avant de repartir pour un tour.

  3. Gonflé le Ramses…!!! Dis donc cela a dû sacrément « branler »…du coté des Glénans. Je comprends que tu as maintenant quelques devoirs de « vacances »…J’ai du mal, te connaissant, à croire que tu ne sois parti avec un gréement neuf…vu l’enjeu de cette odyssée. Donc d’oú peut venir ton problème? Ta réparation de coque tribord a t’elle lâché? En tout cas tes muscles ont été fort sollicités..tu parles d’ une tendinite ??. Rassure nous, tu vas bien souffler un peu, quand même , bien entouré j’imagine ?

    • Hé oui Philippe, j’ai tiré un peu trop fort sur la machine. Mais je fais bien attention aux muscles tendons et ligaments.
      Quant au catamaran je l’ai pas mal fatigué dans cette journée rodéo Rock’nRoll. Normal qu’il ait souffert aussi. Aujourd’hui pique-nique aux Glénans pour tester les réparations. Tout tient bien, pour l’étanchéité j’attends un test plus clapoteux, mais je reste confiant.

  4. Salut Louis,

    J’avoue ne pas avoir tout compris mais il semblerait bien que tu as pris quelques risques sur cette étapes. Sois bien prudent avec le matériel… et avec toi-même bien entendu ! 😉

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