151101-02 MàJ Photo : Passage du Canal de Panama

Dimanche 1er novembre, 13h45 nous quittons le mouillage du Nautico pour retourner sur le Flat d’attente. Et nous attendons …. Vers 17 heure les Pilotes arrivent et Julio monte à notre bord, jeune Panaméen, good English speaking (en fait son vrai titre est « Transit Adviser », il pratique cette activité en plus de son vrai métier, il est commandant d’un gros Pousseur qui aide les gros cargo dans les écluses). Il nous dit que nous allons bientôt passer les écluses de Gatun avec trois sas montant et 85 pieds de dénivelés au total (=25 mètre). Et il nous précise que nous allons passer à couple, les trois catamarans à couple, Poe Miti à babord tractant avec son moteur bâbord et barre libre, Poeme au centre sans moteur mais dirigeant à la barre tout le convoi, et Poe Reva à tribord avec moteur tribord tractant et barre libre.
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Il explique ensuite le système de courant à l’approche des sas et à l’intérieur des sas. Des gros cargos sortent de l’écluse, d’autres rentrent et passent devant nous, nous suivrons PAC SEGINUS le vert.

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On se pose tous la même question : quelle est la largeur des sas et quelle est la largeur d’un Lagoon 400SE ?

En approchant des écluses un crocodile nous rattrape et nous dépasse côté berge, on pourra voir en zoomant sur le centre de la photo le bout de sa gueule et son œil brillant, il est bien là devant son sillage, allez ! 1,5 mètre de long à la louche.

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Les sas font 110 pieds de large, soit environ 33 mètres. Poe Miti et Poeme se mettent à couple, avec pneus et pare-battage en place, et avec deux pointes et deux gardes. La nuit tombe, les feux de routes et de ponts sont allumés. On se rapproche doucement à couple à deux de la rive gauche et de l’entrée de l’écluse. Poe Reva vient se mettre à couple de Poeme. Ça y est nous sommes en convois trois à couple. Les moteurs des extrémités donnent la vitesse, 1 à 2 nœuds au début le temps de sentir l’inertie et la manœuvrabilité du convoi. On sert encore la rive gauche pour laisser sortir un dernier gros cargos du sas de droite.
Le cargo vert rentre doucement dans le sas de gauche aidé par son bateau pousseur pour bien s’aligner. Il est immense et passe tout juste dans la largeur du sas. Nous mettons en panne pendant ce temps. Le convoi commence à reculer doucement puis il a un bon nœud de dérive arrière avec le courant. On regarde en arrière et on voit alors à 20 mètres la balise verte n° 21 qui arrive tout droit sur Poeme par l’arrière. On remet les gaz pour étaler le courant, on n’est plus qu’à dix mètre de la balise. Nous reprenons de la vitesse positive et nous éloignons franchement de la balise 21 pour se présenter à l’entrée du sas. Les deux lamaneurs tribords envoient leurs boulines sur Poe Reva. On avance encore et le bord gauche du sas se présente devant nous. Je suis au poste du liner à l’arrière bâbord de Poe Miti, et, de là où je suis, j’ai l’impression que çà ne passera pas dans le sas. Le convoi sert à droite, et sert encore, se réaligne bien perpendiculaire à l’axe du sas, et miracle, ça passe à droite et ça passe à gauche. Disons au jugé 3 à 5 mètre à gauche où je suis, et j’imagine autant à droite. Le Lagoon 400 SE a été mesuré à 43,18 pieds de long et 23,82 pieds de larges, disons 25 pieds avec les pneus et pare battage. A vos calculettes ! (110 – 3*25)/2 = 17,5 pieds de chaque côté, un bon 5 m à droite et autant à gauche. Les deux lamaneurs de gauche nous envoient leur bouline et nous accompagnent à la main quelques dizaines de mètres. Ils hissent les grosses lines (haussières) bleues et les attachent aux bites d’amarrage en haut en des quais. Les deux grandes portes de plus de 17 mètre de long chacune se referment derrière nous.
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Le cargo vert est à quelques dizaines de mètres devant nous. Le sas se met à bouillonner, nous maintenons en place le convoi par ses quatre coins. Le niveau monte et nous reprenons les lines à la demande. Les forces de tractions sur les lines deviennent parfois très fortes quand le convoi s’écarte un peu de sa position centrale, les taquets tiennent bons. La montée se calme puis s’arrête 8 à 9 mètres plus haut. Le cargo vert avance. Il y a, pour le maintenir au milieu du sas, quatre tracteurs lamaneurs, comme de locomotives, avec crémaillères probablement car pour monter au sas suivant ils grimpent une pente raide d’au moins 45° et de dix mètres de haut. Nos lamaneurs nous rendent nos haussières et reprennent leur marche jusqu’au sas suivant, leur filin de bouline à la main. Les très grandes portes suivantes se referment, et le sassement reprend. Trois fois en tout pour un total de 25 mètres au-dessus de l’Atlantique (où il y a très peu de marnage, 40 cm j’ai entendu). Nous sortons des écluses, nous détachons les uns des autres, puis les pilotes nous emmènent dans le noir complet, vraiment complet, vers un point de mouillage sur une grosse tonne de 3 mètres de diamètre où nous nous remettons à couple à trois pour passer la nuit (photo de la tonne le lendemain matin).
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Il est près de 9 heure du soir quand les pilotes repartent sur une pilotine. Ils reviennent demain matin à 7h30 sur nos bords pour traverser le lac Gatun et les dernières écluses donnant sur le Pacifique tant attendu de tous.

Un commentaire sur “151101-02 MàJ Photo : Passage du Canal de Panama

  1. Dommage, c’était la nuit, pas de photos… (mais alors, comment as-tu su que le cargo devant était vert ?) Je blague, je suis très impressionnée… Mais je ne suis pas une pellicule, j’espère que vous allez passer les dernières écluses de jour !

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